Moi je suis un souchien. Un vrai. Enfin, je ne remonte pas avant la fin du 19ème, mais c’est déjà pas mal. Des polytechniciens, des ingénieurs, des médecins en ligne direct. Des héros des deux grandes guerres. Légion d’honneur en 14, résistance en 40, entrée en Allemagne en 45 les armes à la main. Le tout dans la discrétion. Super.
Ca fait un certain temps que je sais que je suis un souchien. Mais je ne disais pas souchien, je disais BLOC : blanc, laïc, d’origine chrétienne. C’est moins polémique, mais aussi moins drôle !
Le problème des souchiens, c’est qu’ils confondent la « République et anti-communautarisme » avec le mono-communautarisme souchien. La prétention française à l’universalisme n’est que le cache-sexe de son mono-communautarisme viscéral (qui, depuis la modernité, remonte à la révocation de l’Édit de Nantes, au césaro-papisme de l’ancien régime et au jacobinisme révolutionnaire) et de son impérialisme. Le credo du souchien c’est que les autres communautés, elles font ce qu’elles veulent tant qu’on ne les voit pas. Le souchien fait un tollé pour une histoire de voile : le voile ça se voit. Le souchien se désintéresse totalement de l’excision ou des mariages forcées : ça ne se voit pas et ça ne le concerne pas, lui, le souchien.
L’intégration souchienne, c’est l’assimilation à la communauté souchienne, BLOC. C’est l’ABC du souchien. Mais quand le « B » et le « C » coincent (Blanc, Chrétien), le souchien a un problème. Plus exactement, il a un problème quand le non-blanc et non-chrétien prétend appartenir à la République. Un indigène de la République : quelle horreur, s’exclame le cœur des souchiens !
Le délire sur les propos de Houria Bouteldja en est une nouvelle preuve. Pour quiconque sait encore ce que les mots et les phrases veulent dire, autrement dit pour quiconque a encore une capacité de juger, ce qu’a dit Houria Bouteldja est très clair . En substance, elle dit : plutôt que de considérer que ce sont les non-souchiens qui doivent apprendre quelque chose, il faut considérer que ce sont les souchiens qui doivent apprendre leur histoire coloniale. Où est le problème ? C’est en fait assez clair : il est dans le déni de cette histoire coloniale et raciste. Quiconque fait un petit effort de connaissance, sait pourtant que le racisme était l’idéologie dominante en occident jusque dans les années 60.
Le souchien s’accroche à son pseudo-universalisme comme au dernier oripeau de sa puissance coloniale, plutôt que de considérer son multiculturalisme de fait comme la source possible du redressement de son génie.