Marronnage et Jihad
• Le 14 juillet, la (dé)fête nationale
• De la nécessité de soutenir nos luttes respectives
République coloniale
• Aïd el kébir : Une célébration sous haute surveillance
• Non à la départementalisation de Mayotte !
Le passé est toujours présent
• Le 17 octobre 1961 : Les flics d’hier sont ceux d’aujourd’hui
• Al Qassam, un héros musulman de la résistance palestinienne
• Christ noir vs christ blanc
Ici est là-bas
• Pourquoi l’Europe adooorrre Obama
• Obama président, c’est pas un rêve, c’est un mirage…
DOSSIER : le PIR est Avenir
• Ma foi, mon engagement politique
• Le piège de l’engagement local des indigènes dans les partis blancs
• L’agression islamophoble de notre frère N. Rachedi
Édito — Enfin un vrai président !
Walou — La gauche contre les tests ADN
Abir — Supprimer, assouplir ou maintenir la carte scolaire : dénis et non-dits
M’Baïreh Lisette — Le ministère de l’Enfermement des peuples et des consciences
Youssef Boussoumah — Repentence, identité nationale et calculs politiciens
Sadri Khiari — En défense des traîtres
Fatima Ouassak — Les Lumières de l’Islam de France
Abir — Sociologie blanche ou indigène
Létisia — Un livre d’histoire innovant, pédagogique et complet
Sonia El Barbecha — L’ovalie est une colonie
Sonia El Barbecha — L’Ennemi intime, ou la France qui « regarde son passé en face », mais en biglant !
Rouben Koulaksezian — L’amour de la France expliqué aux Arabes
Rouben Koulaksezian — Arménie : mémoire instrumentalisée pour cause de racisme à légitimer d’urgence
Entretien avec Walid Charara — « La guerre contre l’Iran aura bien lieu… »

Islamalgames
Les bagagistes de Roissy, un racisme d’Etat
Chronique de l’islamophobie ordinaire
La république est-elle potentiellement fasciste ?
Philippe Val : la phrase qu’on ne te pardonnera pas
La Chronique de François Burgat
Il y a 56 ans, Rosa Parks est resté assise pour vivre debout
Nos parents immigré-e-s, une communauté de destin
Les « balles populaires » du MAP
Boycotter les droites et le PS, plus qu’un acte politique, un acte de dignité
Amilcar Cabral : culture et libération
Pas d’égalité sociale sans égalité raciale, pas d’égalité raciale sans égalité sociale
Le petit facho de gauche
Un petit coup d’anti-Victor-Hugoïsme primaire mais justifié
Le Quizz postcolonial
La leçon fertile d’ « Indigènes »
Et si « Indigènes II » se passait en Indochine
Et d’autres choses encore....
Est-ce que le boycotte des élections défend la cause ?
Il est vrai qu’il est difficile de trouver sa place dans un système de démocratie où les minorités ne trouvent pas équitablement une représentation. Appeler au boycotte ne répond qu’aux intérêts des présidentiables ( de droite comme de gauche). C’est une stratégie, à la longue, qui ne fait qu’amplifier le sentiment "d’indigène". En effet, même si on représente 4 ou 5 millions, aucun présidentiable ne s’occuperait des besoins de cet ensemble de communautés évoluant à part dans la république. Ceci présente d’autant plus un danger dans le temps qu’il n’est profitable qu’aux mouvements extrémistes et organisés. Les organisations islamistes du monde ont une expérience dans ce domaine (Egypte, Algérie, Maroc, Afghanistan, Sénégal, Soudan, Iran, Iraq, Liban, Palestine,...). Il ne faut pas fermer les portes rapidement lorsque le système de démocratie les ouvre à un moment et un rendez-vous donnés. On peut être en désaccord mais on demande aux divers représentants des réponses à un ensemble de questions relatives aux attentes de la communauté "indigène de la république". On laisse le doute quant aux consignes de votes sans pour autant dire que l’on vote blanc ou extrême. J’appelle « extrême » tous les mouvements qui n’ont aucune influence sur les changements politiques réels à travers les voies démocratiques.
Compte tenu de la présence du sentiment républicain chez les citoyens des démocraties, l’appel au boycotte pousse à la marginalisation et au vote vers l’extrême droite en absence de réponse constructive,même non totalement parfaite. L’extrême gauche française, bien que je partage certains points de vue, a, souvent, appelé aux boycottes ou à des contestations profondes sans propositions constructives réalistes. Elle a laissé dans l’embarras l’électorat dont certains vont trouver une manifestation de contestation électorale en votant Le Pen. Ceci, pourtant sans être en accord avec le Front National. Au dernier référendum, la droite et la gauche socialiste ont étés battues alors que les calculs électoraux les donnaient gagnants. La gauche non socialiste et l’extrême gauche ont été unies sur une position claire et compréhensible par les Français. Aujourd’hui, ils sont incapables de mutualiser ce résultat rien que pour un franc de contestation. Ils n’arrivent pas à avoir un seul candidat pouvant attirer un certain électorat contestataire vers eux. Ils laisseront le front national seul bénéficiaire du succès du NON au référendum.
Depuis 35ans que je suis en France(j’ai plus de 50ans), je fais le constat des élections en France plus particulièrement et d’autres pays comme l’Allemagne, la Belgique et les USA. La marginalisation est certaine lorsqu’on se met à l’écart du processus démocratique, seul à pouvoir contribuer à se faire entendre et changer les choses. Pourtant, de très petites communautés d’environ 50.000 personnes arrivent à se faire entendre et à obtenir des résultats améliorant leurs situations et environnement alors que notre communauté de 5 millions n’arrive même pas au un centième. Il ne faut plus faire l’erreur, il en est de l’avenir de nos enfants et petits enfants.
A-t-on une représentation dans la hiérarchie d’un quelconque mouvement politique ou syndical (extrême gauche, gauche, centre, droite,extrême droite...) ? NON AUCUNE à Force Ouvrière, Lutte Ouvrière, LCR, PC, PS, PR,UDF, MR,UMP, FN, ... CGT ; CFDT, CGC, CFTC, ... On constitue vraiment les indigènes de la république. On a besoin de nous dans les différentes luttes de société et syndicales par exemple sans pour autant que l’on trouve un Mohamed ou un Mamadou dans les bureaux exécutifs. A l’image du film des indigènes, nous étions bien des maghrébins, des noirs et bien d’autres populations d’origines étrangères comme contribution forte au succès de la gauche en 1981 (les grèves, les piquets de grèves, les manifestations, les occupations, les AG, les distributions des tracts, les affichages, les portes à portes, les actions de signatures de pétitions, les grèves de la faim, les différentes marches de protestations, les services d’ordre, ...). Nous n’avions eu aucune gratitude, après, quant à notre représentation. Trouvons nous ceci normal ? La similitude avec la situation des indigènes de la seconde guerre mondiale, humblement décrite dans le film, continue. Au travail, le phénomène est identique. Ni Mohamed, ni Mamadou ne peuvent accéder à des postes hiérarchiques importants malgré leur hauts diplômes et expériences. Tout le monde sait que c’est un parcours du combattant pour trouver un travail. Créer son entreprise dans des domaines spécifiques comme l’innovation technologique, c’est un ensemble de blocage. Mohamed et Mamadou sont bons à être au marteau piqueur, marchand, épicier. Dans certains cas Mohamed a un peu de chance d’y arriver en changeant, par exemple, de nom par Jean. Quant à Mamadou, sa tache est rude. Il faut qu’il se peingne. L’industrie chimique a développé dernièrement des produits très dangereux modifiant la couleur de la peau. OU VA-T-ON ? Les indigènes de la république, lorsqu’ils arrivent, sont comme les femmes obligés de travailler 3 fois plus que les hommes blancs tout en ayant plus de qualification pour un salaire très inférieur.
Méfions nous du boycotte. Invitons les présidentiables à proposer des solutions. Montrons leur que l’on représente pour eux une source de leur succès ou échec. Nos aspirations ne sont pas de l’ordre de construction de mosquée mais de représentation.
Dieudonné a eu, individuellement, l’audace de chatouiller la classe politique en allant au meeting de FN. Je ne fais aucun commentaire. Nous avons intérêt, d’une façon massive et organisée, à aller vers les meeting des présidentiables pour les amener à s’exprimer et à proposer des solutions. Ne laissons ni à la droite seule ni à la gauche seule le monopole quant à l’amélioration de nos conditions dans la république. Ceci est le seul garant du changement dans la société et dans la continuité. En effet, tous les présidentiables augmenteraient leurs enchères en parlant de nos conditions et offrant des réponses. La société Française participerait. Nos enfants et petits enfants nous ont interpellés par des voitures brûlées. La société et la classe politique n’ont pas analysé du point de vue de leurs incapacités dans le passé et le présent quant à des solutions fictives des indigènes de la république. Ils ont vu le processus du désordre.
Interrogeons nous pourquoi Ségolène est partie au Moyen Orient et plus particulièrement en Israël ? Quel électorat cherche t elle à séduire ? Ceci est un exemple parmi tant d’autres. Sarkozy a lancé un pavé dans la mare en parlant de la discrimination positive. Ceci n’a pas été suivi par d’autres propositions des autres candidats. Ils se sont contentés de critiquer en s’appuyant sur nous mêmes. Au lieu de leur poser la question sur leur proposition, nous nous sommes restreints à critiquer la discrimination positive et revenir à la case de départ.
Indépendamment de nos divergences politiques, sociétés, pratiques ou non religieuses, nous avons, dans l’urgence, à saisir l’occasion de la période électorale, avec une organisation parfaite, pour un débat de société et des engagements des politiques concrets. Organisons un débat rapidement et être présent dans forums des présidentiables et aux meetings.