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Vous connaissez le courrier de l’atlas, ce magazine mauvais à souhait et impropre à torcher le cul d’un porc (il est imprimé sur papier glacé) ?
Publié mensuellement, ce brulot, autoproclamé magazine des maghrébins, s’est donné comme pieuse mission de mettre tous les bougnoules, qui hésitent encore, sales mécréants qu’ils sont, à croire aux bienfaits de la République, sur la voie de l’intégration. C’est à dire de l’intériorisation de leur statut d’êtres barbares, sous-développés des boyaux de la tête et tout juste bon à porter de lourdes charges avec sourire et mille mercis.
Le menstruel doit se lire comme un filtre qui passe au tamis les arabes pour séparer les bons arabes de ceux qui ne se laissent pas dicter leur conduite. Comment ? Par le biais d’articles où la sournoiserie le combat au ridicule.
D’abord, avec des "questions de fond". Les questions que pose le magazine des maghrébins de France sont les questions que la France veut que les maghrébins se posent. Exemples : l’arabe est-il une langue de plouc ? Islam, une religion violente ? Le multiculturalisme, jusqu’où est-il dangereux ? Est-ce que ça existe vraiment l’islamophobie ?
Ainsi pour la modique somme de 2 euros 50, les arabes peuvent se faire insulter, mais c’est pour leur bien promis juré. Et leur bien c’est de se séparer de toute trace d’arabité crasse et visible aux yeux de l’albumineuse équipe de rédaction.
Mais regardons de plus près ces questions. Ce ne sont pas des questions à valeur informative. Par contre, il y a une valeur de « comment faut-il être », par exemple parler l’arabe est ce que c’est bien ou mal. Vu la tournure de la question (voir ci-dessus), on aura compris que non.
Ainsi, on peut comprendre que le multiculturalisme est dangereux et que ce qui fait "multi" c’est l’arabité revendiqué de certains maghrébins qui sont franchement pas fréquentables. On est aussi heureux d’apprendre que l’Islam peut être bien à condition que les musulmans arrêtent de battre leurs femmes, de tuer à tout va, ou poser des bombes. Bref s’ils renoncent à ce qui fait l’essentiel de leur foi, conclurait un Finkielkraut ou un quelconque De Villiers. Et si en plus ils cessaient d’avoir des opinions politiques qui ne se limite pas à dire "oui missiou" (avec ce petit accent qui fait tant rire le français, le vrai, le blanc) ce serait encore mieux.
Mais se contenter de faire comme le reste de la BVPF (Bonne Vieille Presse Française) n’est pas suffisant, éructe le comité de rédaction. Une étude aurait montré que, après contact avec le Figaro, le Monde, le Point, l’Express, le Nouvel Observateur, Charlie Hebdo, Libération, une bonne grosse partie de la presse et de la bande FM, les JT et autres débats monologuiques de TF1, France 2, France 3, Canal plus, Arte, la France 5, M6 et les autres chaines de la TNT que personne regarde, les arabes se sentent agressés et pas les bienvenus. Entre autres, à cause des débats traitant la question "Mais qu’est ce qu’ils font encore là tout ces basanés ?", rebaptisée pour l’occasion "Est-ce que l’Islam est compatible avec la démocratie ?" ou "Immigration, Islam et Intégration".
Faut leur montrer qu’on est sensible leurs problèmes de bougnoules, conclu la rédaction, pour mieux faire passer la pilule et fidéliser le client aussi arabe soit-il (attitude nouvelle, la fidélisation de l’arabe est un terrain très peu connu de la BVPF, qui a passé ces 30 dernières années à bouter l’immigrés hors de France quand il braille sur son sort). Aussi, on peut voir fleurir des articles rédigés avec toute la bienveillance d’arabes de service, tous plus ignares les uns que les autres (je parle des articles et des cabotins reniflards de derrières qui les rédigent).
Pressée d’avoir sa croquette, une teckel atrophiée du cortex se propose de passer 24 heures dans la peau d’une voilée (ce genre de test montre d’ailleurs que la "voilée" ne fait pas partie des cibles de la rédaction : si une maghrébine porte le voile, elle est certainement injavelisable.) et de faire ressortir de tout cela un article de test, type "j’ai porté le hijab pendant une journée". Les quelques habitués qui me lisent savent que la bêtise d’autrui ne me fait pas peur et est même source d’inspiration et de rigolades. Mais je dois vous avouer que la lecture de cet article m’a profondément horrifié. Tant de connerie donne le vertige. Et une telle volonté de graver sur papier glacé son manque d’instruction donne froid dans le dos. Que montre d’autre notre casse-cou, si ce n’est que porter le voile sans conviction (et avec un peu de mépris pour ce dernier ?) personnel pendant 24 heure ne rend pas plus intelligent ? Enfin presque, ça aura été l’occasion pour elle de découvrir que pour chercher un emploi à l’ANPE, à l’époque, il faut avant tout être inscrit à l’ASSEDIC. Après 24 heures, on apprend que c’est pas si terrible le sort d’une voilée en France, si on ne l’ai pas plus d’une journée et qu’on attache aucune importance au voile que l’on porte. Alors que ces geignardes enturbannées arrêtent avec leur victimisation à 2 balles et qu’elles s’arrachent leur voile ! Et que ça saute !
Pour faire bonne mesure et remettre la balance d’équerre après cet excès de sympathie pour les talibans, il est temps de faire claquer le fouet. Aussi, dans ce même numéro spécial islamophobie, un édito nous apprend que l’islamophobie ce n’est pas du racisme mais de la peur et de la méconnaissance. Le tout étant dû à ses salauds de musulmans qui feraient mieux de donner l’image qu’on attend d’eux et de s’en prendre à eux-mêmes plutôt qu’à ces braves islamophobes, qui ne sont en fin de compte que des victimes de leur présence, aux musulmans.
C’est comme ça qu’on le dresse l’arabe. Il doit comprendre que s’il se fait insulter c’est de sa faute, que s’il se fait taper c’est de sa faute, que s’il a moins de droit c’est de sa faute. Et c’est d’autant plus sa faute qu’on vie dans une société égalitaire (si, à la lecture de cette phrase, vous êtes en train de pouffer de rire au lieu brandir la bannière tricolore la larme à l’œil, vous n’êtes pas intégré) et respect toute les cultures tant qu’elles ne s’expriment pas (idem mais en pire). En un mot, les victimes sont coupables de leurs malheurs et responsables des faits et gestes de leurs bourreaux. Une question s’impose à la rédaction : Si une femme se fait violer, c’est également de sa faute ?
Mais tout cela ne suffit pas. Pour parachever leur intégration, les maghrébins de France doivent apprendre à singer le mépris de la France envers les maghrébins du Maghreb. S’ils arrivent à mépriser leurs parents qui parlent une langue de plouc, alors ils seront intégrés ou du moins sur la bonne voie. Aussi, il faut les habituer à grand coups de caricatures où l’on voit des arabes, bien de là-bas, parler un français criblé de fautes de prononciations, qui reflète tant ce petit accent qui doit provoquer l’hilarité du maghrébin de France. Vous aussi riez, moquez-vous de vos parents comme les français se moquent d’eux et vous serez des leurs. Et si vous connaissez la blague des 2 arabes qui battent leurs femmes et volent une mobylette, vous pourrez peut-être même devenir pigiste pour le courrier de l’Atlas.
Les pays d’origines et tout se qui s’y rapporte est décrit avec une touche d’exotisme. Il faut absolument que l’autre coté de la méditerranée soit exotique aux français du Maghreb, comme il l’est aux français de France. Parce que le français, le vrai, a des ancêtres gaulois, il faut absolument que les « nouveaux français », comme brame Amel Bent, soient des « anciens arabes ». Car une fois déculturé, l’arabe est docile et comprendra d’autant plus facilement quelle est sa vraie place dans la France et que la politique se sera pour lui coller des affiches ou, dans le meilleur des cas, se contenter de lire le texte qu’on lui a dicté.
Tout compte fait, c’est facile de s’intégrer. Suffit de fermer sa gueule et obéir.