MOUVEMENT des INDIGENES de la REPUBLIQUE*
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Brèves
Georges Frêche (PS, évidemment) inconditionnel de l’armée israélienne
lundi 3 juillet

Samedi 24 juin, à l’occasion du spectacle d’ouverture du festival Montpellier Danse, Georges Frêche, président socialiste du conseil régional du Languedoc-Roussillon et président de la communauté d’agglomération de Montpellier a comparé sa ville à « un poste avancé de Tsahal », l’armée israélienne.

Rien d’étonnant : Georges Frêche siège depuis des années à la vice-présidence de l’Association France-Israël, connue pour son soutien sans réserve à toutes les politiques menées par tous les gouvernements successifs israéliens.

Rien d’étonnant : Georges Frêche est connu pour l’infinie tendresse qu’il éprouve à l’égard des Arabes et des musulmans.

 
Pourvoi en cassation du parquet général contre "La Rumeur"
lundi 26 juin

PARIS (AP) - Le parquet général de la cour d’appel de Paris a formé un pourvoi en cassation vendredi contre la relaxe la veille de l’un des rappeurs du groupe "La Rumeur", poursuivi pour diffamation d’une administration publique, en l’occurence, la police nationale, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

En 2002, le ministère de l’Intérieur avait porté plainte contre Mohamed Bourokba, l’un des chanteurs de ce groupe de rap qui, dans le fanzine accompagnant la sortie de leur album, avait mis en cause les forces de l’ordre.

"Les rapports du ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins ne soient inquiétés", avait-il écrit.

En décembre 2004, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris avait relaxé le chanteur, estimant que ses propos relevaient de la liberté d’expression et non de la diffamation. Décision confirmée jeudi par la 11e chambre de la cour d’appel de Paris.

"C’est pathétique", a commenté Me Dominique Tricaud, avocat du chanteur, à propos de ce pourvoi en cassation. AP

 
La récidive. Sarkozy invite "ceux qui n’aiment pas la France" à partir.
samedi 24 juin
AGEN, Lot-et-Garonne (Reuters)jeudi 22 juin 2006 - "Ceux qui n’aiment pas la France" ne sont pas obligés d’y rester, a réaffirmé le ministre de l’Intérieur. Dans un discours prononcé à Agen (Lot-et-Garonne) dans la perspective de sa candidature à l’élection présidentielle de 2007, le président de l’UMP a repris un thème qu’il avait testé le 22 avril devant de nouveaux adhérents de l’UMP. Il a dénoncé pêle-mêle "ceux qui ont délibérément choisi de vivre du travail des autres, ceux qui pensent que tout leur est dû sans qu’eux-mêmes ne doivent rien à personne (...), ceux qui, au lieu de se donner du mal pour gagner leur vie, préfèrent chercher dans les replis de l’Histoire une dette imaginaire que la France aurait contractée à leur égard (...), ceux qui préfèrent attiser la surenchère des mémoires pour exiger une compensation que personne ne leur doit plutôt que de chercher à s’intégrer par l’effort et par le travail." "Ceux qui n’aiment pas la France, ceux qui exigent tout d’elle sans rien vouloir lui donner, je leur dis qu’ils ne sont pas obligés de rester sur le territoire national". "S’il y en a que cela gêne d’être en France, qu’ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu’ils n’aiment pas", avait-il dit le 22 avril. Sa formule avait déchaîné les critiques de la gauche et suscité des commentaires goguenards à l’extrême droite, prompte à dénoncer un plagiat.
 
Toulouse : Censure à la maison de quartier de Bagatelle (Toulouse)
dimanche 18 juin

Le film « Un racisme à peine voilé » (Réal. Jérôme HOST, H production, 2004), qui revient sur le débat politico médiatique qui a débouché sur le vote d’une loi qui interdit les signes religieux à l’école, a été censuré par les responsables de la maison de quartier de Bagatelle à Toulouse. « Un racisme à peine voilé », film qui a le mérite de donner la parole aux premières concernées par cette loi prohibitionniste, à savoir les filles qui portent le foulard, a déjà subi la censure à de multiples reprises et dans plusieurs villes de France. Cette censure est encouragée par certains groupes d’extrême droite et par une certaine gauche dite républicaine, représentée entre autres par l’UFAL. (Union des Familles Laïques, qui a lancé une campagne d’appel à la censure du film : voir www.hprod.org)

On peut cependant s’étonner de cette décision de la maison de quartier de Bagatelle, reconnue, à tort ou a raison, comme un carrefour des luttes issues de l’immigration à Toulouse. Rappelons que cet établissement accueille régulièrement les Motivé-e-s et les Indigènes de la république pour ne citer qu’eux.

Déjà en mars 2005, un groupe de toulousain-e-s avait demandé à la maison de quartier de Bagatelle de disposer de la salle pour une projection du film : refus

Cette fois, c’est dans le cadre d’un cycle de conférences-débats sur le thème de la laïcité organisé par la maison de quartier ces dernières semaines, que le réalisateur lui-même proposa la projection de son film : refus une deuxième fois. Aucune explication claire. (En privé, certains responsables de la maison de quartier parleront du film comme un « ramassis de prosélytisme religieux »)

Malgré la censure, « Un racisme à peine voilé » a été projeté dans plus d’une cinquantaine de ville de France (mais aussi en Belgique, en Suisse, au Québec, ....). Les responsables de la maison de quartier de Bagatelle ont décidé que les habitant-e-s de ce quartier n’y auraient pas droit !

Nous ne lâcherons pas l’affaire. Refusons la censure !

H Production le 17/06/2006 contact@hprod.org

 
Sur le Web : H Production
"Banlieues : autoportraits six mois après" sur France Culture
lundi 5 juin
Tous les mercredi de juin de 15h à 16h 30 : Le 7 : "Ma cité, mon cocon : jeunes filles entre elles et entre soi" de Khaled Sid Mohand. Le 14 : "Les cahiers de doléances de banlieue : entre citoyenneté et agressivité" d’Ilhame Taoufiqi. Le 21 : "Voyage à Vaulx-en-Velin : les transports en banlieue", d’Aude Lavigne. Le 28 : "Jeunes des quartiers, levez-vous : le tribunal de Bobigny six mois après" de Nejma Bouakra.
 
Le mal-être blanc
Pierre Tevanian
lundi 28 janvier 2008

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Ce texte, le premier que j’écris à la première personne, est le résultat d’une sollicitation des Indigènes de la République, pour leur « Parlement anticolonialiste » d’octobre 2006. Après deux « indigènes » noirs et arabes répondant respectivement aux questions « Qu’est-ce qu’être noir dans la France de 2006 ? » et « Qu’est-ce qu’être arabe dans la France de 2006 ? », je devais en bonne logique répondre à la question « Qu’est-ce qu’être blanc dans la France de 2006 ? ».

L’une des raisons pour lesquelles cette proposition m’a paru intéressante est son caractère déconcertant et difficile : jamais jusqu’à un passé récent je ne m’étais posé une telle question, car jamais on ne m’avait amené à me la poser. C’est du reste la première réponse que l’on peut apporter :

1. Être blanc, c’est ne pas avoir à se poser la question « qu’est-ce qu’être blanc ? », ne pas avoir, contrairement aux noirs, arabes et autres non-blancs, à s’interroger sur soi-même, son identité et la place qu’on occupe dans la société, parce que cette place va en quelque sorte de soi.

Du moins cette place va de soi dans la mesure où, en plus d’être blanc, je suis de sexe masculin, hétérosexuel, et d’origine sociale aisée. À peu près tout ce que je vais dire sur ce qu’est être un blanc peut s’appliquer à être un hétéro, être un mec ou être un bourgeois.

Être blanc ne signifie pas simplement avoir la peau claire, mais plutôt : ne pas être identifié comme un noir, un arabe, un asiatique un turc, un musulman, bref : ne pas être un indigène. Être blanc ne veut rien dire d’autre que : ne pas porter certains stigmates – d’où une seconde réponse :

2. Être blanc, c’est avant tout ne pas subir la discrimination comme les non-blancs la subissent. Être blanc n’est pas avoir une certaine couleur mais occuper une certaine place.

Le mal-être raciste

J’emploie la formule mal-être blanc en clin d’oeil à deux livres de Dominique Vidal : Le mal-être juif et Le mal-être arabe. Indépendamment de l’intérêt – réel – de ces livres, j’ai toujours éprouvé un certain malaise, lié à leurs titres, car pour ma part, le plus urgent était de parler du mal-être blanc. J’entends par là que les Blancs sont malades d’une maladie qui s’appelle le racisme et qui les affecte tous, sur des modes différents, même – j’y reviendrai – quand ils ne sont pas à proprement parler des racistes, que ce racisme consiste en une oppression systémique aux dépens par exemple des arabes, et que c’est cette oppression raciste qui engendre chez celles et ceux qui la subissent ce fameux mal-être arabe dont parle Dominique Vidal.

De ce mal-être, dans lequel un Le Pen, un De Villiers, un Michel Houellebecq, un Max Gallo, un Alain Finkielkraut, un Philippe Val ou un Robert Redeker puisent leur inspiration, le stimulus extérieur est toujours le même : le noir, l’arabe, le musulman, bref les non-blancs, ou plus précisément les non-blancs lorsqu’ils se pensent, s’expriment et se comportent comme des égaux [1] .

Le mal-être anti-raciste

Mais j’ai découvert l’existence d’un autre mal-être blanc : celui des antiracistes. Dans la gauche dite antiraciste, je suis tombé sur des gens qui devenaient littéralement malades lorsqu’on les qualifiait de blancs. Ils manifestaient donc un mal-être blanc au sens le plus littéral – puisque c’est le simple fait d’être blancs, ou plus précisément le fait d’être identifiés comme tels, qui provoquait tout le mal. J’ai été surpris par exemple de la violence des réactions lorsque j’ai fait remarquer que certains plateaux télévisés étaient composés à 100% de blancs, ou quand j’ai décrit l’assistance d’un meeting des Ni putes ni soumises comme une assemblée blanche.

Cela s’est reproduit au MRAP, dont j’étais membre et que j’ai fini par quitter, où l’on m’a plusieurs fois accusé de racisme ou de dérive ethniciste pour avoir simplement constaté – et problématisé – le fait que les assemblées du MRAP sont quasi-totalement blanches. On dit que lorsque le sage montre la lune, le fou regarde le doigt, et j’ai en l’occurrence la prétention d’avoir été le sage : j’ai pointé du doigt une discrimination systémique flagrante à l’encontre des non-blancs (le fait qu’ils sont non-représentés ou sous-représentés, y compris au sein d’une association antiraciste), et mes adversaires au sein du MRAP ont été les fous qui regardaient le doigt en me répondant très sérieusement que c’était moi le raciste.

Il existe donc une catégorie de blancs qui sont prêts à faire des efforts de solidarité avec les non-blancs, mais qui ne supportent pas que soient contesté leur privilège, leur monopolisation de la juste cause antiraciste, ou en tout cas qui ne supportent pas d’être qualifiés de « blancs ».

Ce qui est insupportable est d’abord le simple fait d’être particularisés, parce que nous avons été élevés depuis le berceau dans l’idée que nous représentons l’universel, l’homme tout court. À tel point d’ailleurs qu’on parle des gens « de couleur » pour parler des noirs, des arabes et des asiatiques, mais pas de nous mêmes – comme si nous n’avions pas, nous aussi, une couleur : blanc !

Ce qui peut être insupportable, c’est également de se représenter comme des privilégiés ou des dominants. C’est pourtant la vérité, mais cette vérité est insupportable – et là encore, la remarque vaut aussi bien pour des hommes, des hétéros et des bourgeois.

Cette seconde manière de vivre sa condition blanche, sur le mode de la dénégation, est sans doute la plus répandue. Elle peut se résumer par la formule suivante : « il n’y a pas de différence entre blancs et noirs ». Cet énoncé est à la fois vrai et faux – ou plus exactement : il est vrai abstraitement et concrètement faux. Ce qui est vrai est que les races n’existent pas en tant que réalité biologique, pas plus que les ethnies ou les cultures en tant qu’essences homogènes. Mais elles existent bel et bien en tant que croyance collective, et cette croyance se répercute dans la réalité sous la forme de paroles et d’actes – injures, discriminations – qui font qu’être blanc et être noir sont deux expériences très différentes.

En d’autres termes : il est vrai que nous ne sommes des noirs, des arabes ou des blancs – c’est-à-dire des êtres qui se réduisent à une couleur ou à une origine – que dans le regard de l’autre, mais une fois cette évidence posée, le problème demeure, dans la mesure où toute l’existence humaine est une existence sociale, une existence avec les autres, une existence tout entière produite par les relations que nous tissons avec les autres, donc une existence conditionnée par le regard de l’autre.

On pourra donc toujours dire qu’entre blanc et noir, il n’y a pas de différence, mais entre blanc et noir, au-delà de la différence réelle ou supposée, il y a l’inégalité. Et c’est le déni de cette inégalité, ou plutôt l’écoeurement devant ce déni, qui m’a fait accepter avec un certain enthousiasme la question que me posaient les Indigènes de la République.

Ce second mal-être blanc, ce refus d’être nommé « blanc », n’est pas non plus le mien. Je ne me souviens pas m’être jamais mis en colère du simple fait qu’on m’ait qualifié de blanc – même si bêtement, parce que programmé ainsi, il est arrivé que cela me « fasse bizarre ». Il m’arrive même, de plus en plus, de me qualifier moi même de blanc, parce que telle est bien ma couleur – et surtout tel est mon rang social, mon privilège.

Mon propre mal-être

J’en viens à un troisième mal-être blanc, que je ressens profondément celui-là. Le mal-être des blancs que ne rend pas malade le fait d’être nommés « blancs ». Une première manière d’en parler est la manière bête et méchante de nos ennemis : « haine de soi », « complexe », « culpabilité post-coloniale »… Un responsable du MRAP a aussi pu écrire de moi que j’étais « un bounty à l’envers : blanc à l’extérieur, noir ou arabe à l’intérieur, ou du moins se rêvant noir ou arabe, avec en prime un voile sur la tête. » [2] Ce registre est assez classique chez tous les racistes : c’est l’idée banale selon laquelle le blanc qui se solidarise avec les noirs en lutte est un « négrophile », voir un « lécheur de nègres » comme on le disait aux Etats Unis à l’époque des droits civiques [3]. Celui qui se solidarise avec des musulmans est « islamophile » [4]… On peut donc, si on y tient, me qualifier d’islamophile ou de lécheur de nègres, et même de suceur de bites de barbus [5], mais il se trouve que ce n’est pas ça. Il se trouve aussi que je ne me sens pas coupable des crimes d’arrière-grands parents colons qu’au demeurant je n’ai pas. Mon mal être blanc est d’une autre nature. Il est lié à ce que c’est qu’être blanc, en France, en 2006.

Parce qu’être blanc en France, en 2006, en un mot, c’est être un dominant – même si, comme pour tout dominant, être blanc c’est aussi être élevé dans l’idée que l’on n’est pas dominant, que l’on est comme tout le monde, qu’on vit dans une société globalement égalitaire, et que notre réussite n’est que le fruit de nos dons et de nos efforts personnels. Blanc désigne un rang social, une caste [6] – d’où une troisième réponse :

3. Etre blanc c’est être élevé dans cette double imposture : un privilège exorbitant, et la dénégation de ce privilège.

Le privilège blanc

Pour donner un aperçu concret de ce privilège blanc, je partirai d’une expérience personnelle. J’ai été amené, au fil de divers engagements, à publier des textes dénonçant les violences policières et leur impunité, l’occultation du passé colonial (et notamment du 17 octobre 1961) et la loi antivoile. Sur chacune de ces trois questions, j’ai vécu une expérience similaire : je me suis retrouvé dans cette situation assez gênante où des personnes directement concernées par ces questions me remerciaient d’une manière qui m’apparaissait démesurée ou paradoxale. J’entends par là que, oralement, par lettre ou par mail, ces gens me disaient en substance deux choses contradictoires : d’abord ils me remerciaient infiniment, comme on remercie en principe celui qui nous a sortis de l’erreur ou de l’ignorance ; puis, juste après, ils me disaient que j’étais dans le vrai, mais à un point que je ne soupçonnais pas, car ils savaient, eux, pour la vivre, que je n’avais fait qu’effleurer la situation de violence qui leur était faite. Ils me remerciaient donc comme si je leur apprenais tout et dans le même temps ils me signifiaient que je ne leur apprenais rien. Ils me signifiaient même que c’étaient eux qui avaient des choses à m’apprendre. Bref : ils me signifiaient que mes écrits ne valaient pour eux pas tant pour ce qu’ils disaient que pour le fait que c’était moi, un blanc, qui parlait.

Ce qu’ils trouvaient dans mes textes n’était donc pas de l’ordre de la connaissance mais de la reconnaissance. Ces textes ne venaient pas combler un manque de savoir, ils levaient – ou contribuaient à lever – un interdit. Certains me demandaient même, purement et simplement, de parler à leur place. Et dans tous les cas, que ce soit pour me demander de parler ou pour simplement me remercier d’avoir parlé, ils me disaient, parfois indirectement, parfois explicitement : « Quand c’est vous qui le dites ce n’est pas pareil ». Et plus explicitement encore : « Moi je ne peux pas le dire, si je le dis on me dit que je suis parano, que je suis dans la victimisation »… J’ai définitivement compris, à partir de ces expériences, que j’étais un blanc, et qu’

4. Être blanc c’est être légitime, crédible, pris au sérieux, comme ne peuvent pas l’être des non-blancs.

Là encore, je pourrais aussi parler, en des termes voisins, de ce que signifie, dans la France d’aujourd’hui, être hétérosexuel, de sexe masculin et d’origine bourgeoise. Lorsqu’on a l’une de ces propriétés – et a fortiori quand on les a toutes – on est légitime, en ce sens qu’on se sent autorisé à penser, à parler, à viser des objectifs élevés, des diplômes et des professions prestigieuses, qu’on bénéficie ensuite de davantage de ressources pour y parvenir, et que l’on rencontre moins d’obstacles. Alors que, lorsqu’on est une femme, un homo, un prolo, un noir, un arabe, le simple fait de s’autoriser à penser, imaginer, prétendre à tel ou tel titre de prestige, est une conquête qui exige des efforts considérables. Ce que mon expérience de mec hétéro blanc fils de prof a de spécifique, quand je la confronte à celle de tous les homos, de tous les prolos, de toutes les femmes ou de tous les non-blancs que j’ai rencontrés dans mon existence, c’est avant tout cela : je n’ai pas le souvenir d’avoir eu un jour de véritables doutes sur le bien-fondé de mes ambitions scolaires, professionnelles, intellectuelles, et même existentielles. Contrairement à un non-blanc, je n’ai jamais eu à me battre contre l’idée que telles ou telles études, telle ou telle ambition, tel ou tel métier, telle ou telle activité – par exemple faire de la philosophie, enseigner, publier des textes, des articles, des livres, ou parler en public comme j’ai pu le faire au « Parlement des Indigènes » – ce n’était pas pour moi. Je ne me suis même jamais vraiment posé la question.

Je crois pourtant être quelqu’un qui se pose des questions. Mais pas celle-là. Je ne crois pas être, comme individu, quelqu’un de particulièrement sûr de lui, mais justement, être blanc c’est cela : parce que je suis blanc, je n’ai pas besoin d’avoir ou de développer, en tant qu’individu, ces traits de personnalité. Je n’ai pas à être quelqu’un de particulièrement prétentieux, mon statut de mec blanc hétéro fils de prof le fait pour moi. Je n’ai pas à être quelqu’un de particulièrement sûr de lui ou vaniteux pour m’autoriser à penser ou parler : mon statut d’hétéro blanc fils de prof suffit à m’autoriser à peu près tout. Je n’ai pas à être quelqu’un de particulièrement ambitieux pour ambitionner les plus hautes études, les plus hautes carrières : mon statut de bourgeois blanc hétéro m’amène à les ambitionner « tout naturellement ». Le grand bénéfice personnel que me procure cette république bourgeoise, raciste et hétérosexiste dans laquelle je suis né et dans laquelle je vis encore, le bénéfice qu’elle procure à n’importe quel bourgeois blanc de sexe masculin et de tendance hétérosexuelle, et qu’elle ne procure pas moins au plus antiraciste et au plus antisexiste qu’au plus raciste et au plus hétérosexiste, c’est celui-là : je peux tout ambitionner sans même m’abaisser à devenir « un ambitieux » ; je peux gagner beaucoup sans m’abaisser à devenir « un gagneur » ; je peux « arriver » à quelque chose sans pour cela devoir être « arriviste ».

On m’objectera le fameux mérite. Comme Alain Finkielkraut passe son temps à le répéter, cette république ne m’a pas tout donné : j’ai dû travailler pour réussir mes études, mes examens, mes concours de recrutement, ou pour écrire des livres acceptés par des éditeurs. Mais je sais aussi que pour réussir le même type de parcours, un non-blanc, comme une femme, comme un prolo, comme un homo, doit mobiliser deux fois plus de qualités individuelles. Ce qui peut se dire autrement : je dois mobiliser deux fois moins.

J’ai dû faire deux fois moins d’efforts pour réussir ce que j’entreprenais, mais auparavant j’avais déjà dû faire dix fois moins d’efforts pour seulement penser à l’entreprendre. Pour s’autoriser les mêmes aspirations, un non-blanc, comme une femme, un homo, un prolo, doit développer une personnalité particulière, avec des qualités ou des défauts particuliers. Il doit être tout ce que je n’ai pas eu à être : exceptionnellement intelligent, courageux, persévérant, confiant, inébranlable, ou bien prétentieux, ambitieux, arriviste, ou encore téméraire ou enfin complètement fou. Être un bourgeois blanc hétérosexuel me met à l’abri de cette folie.

Que faire de ce qu’on a fait de nous ?

Cette condition blanche, chaque blanc a le « choix » [7] de la vivre sous différents modes, impliquant chacun une forme spécifique de mal-être.

L’adhésion. La première manière consiste à adhérer totalement à son rôle de blanc, en méprisant tranquillement les non-blancs – mais alors le mal-être nous rattrapera forcément, sous la forme d’une peur panique, à chaque fois que des non-blancs relèvent la tête et viennent nous rappeler qu’ils existent, qu’ils sont là et qu’ils sont nos égaux.

La dénégation. La seconde possibilité est la dénégation : « il n’y a pas de couleurs, blanc et noir c’est pareil, il n’y a qu’une race : la race humaine » – mais là encore le mal-être nous rattrape, à chaque fois que quelqu’un vient nous mettre sous les yeux nos privilèges de blanc, à chaque fois que le mot « blanc » est prononcé.

De la conscientisation à la traîtrise. Reste une troisième possibilité : considérer que le blanc n’existe certes pas comme race au sens biologique du terme mais existe bel et bien comme croyance et comme rang social, et donc reconnaître pleinement notre position de dominant.

Cette prise de conscience ouvre à son tour sur trois modes d’existence – sur lesquels on peut se fixer, mais entre lesquels aussi on peut hésiter ou naviguer, plus ou moins consciemment. La première possibilité, très rare, est le cynisme : « Je sais que j’occupe une place privilégiée, je jouis de mon privilège et tant pis pour les non-blancs ; la liberté, l’égalité et la fraternité, je sais que c’est du vent, mais la conscience de cette imposture ne m’empêche pas de vivre ».

Plus fréquente est la seconde option : la mauvaise conscience, qui ne fait guère avancer la situation des non-blancs mais me paraît, à tout prendre, une posture subjective moins écoeurante que la bonne conscience et l’arrogance qui règnent dans ce pays, jusque dans les milieux progressistes et antiracistes.

La dernière solution, enfin, est à mes yeux la meilleure : elle consiste à être autant que possible aux côtés des sans-papiers, des filles voilées exclues de l’école, des émeutiers emprisonnés, de tous ceux qui luttent contre l’impunité policière, des Indigènes de la république… – à être en somme partout où des non-blancs se réunissent pour détruire la domination blanche. Il ne s’agit pas d’être un blanc honteux ou un blanc complexé, comme des adversaires m’accusent de l’être, mais d’être un traître blanc. Il ne s’agit pas de détester sa couleur ou de détester les siens, mais de détester son privilège, et le système social qui le fonde.

Cette conclusion laisse en suspens une question énorme : celle des modalités de la traîtrise. Une série d’écueils menace sans cesse :

- confondre soutien, participation et leadership ;

- confondre identification partielle et identification totale, se croire arabe, noir, musulman, sans-papiers ou émeutier quand on ne l’est pas soi même et qu’on ne subit pas soi même les discriminations qui vont avec [8] ;

- « prendre la grosse tête », se complaire dans la posture du « juste », tirer un profit symbolique – voire matériel – excessif de la reconnaissance des non-blancs et de l’admiration des « blancs conscients ».

Il faut au contraire accepter de se voir renvoyer à la figure son statut de blanc de la part de non-blancs soucieux de nous rappeler cette réalité que nous avons toujours tendance à oublier ou à mésestimer : que ce sont eux qui morflent et pas nous. Bref, une fois prononcés les mots traîtrise, passage à l’ennemi, lutte politique pour la destruction de la domination blanche, tout reste à dire, à faire, à construire. Les difficultés ne manquent pas, et le mal-être nous accompagne de bout en bout, sous de multiples formes : l’épuisement d’un combat où l’on est avec David contre Goliath, le découragement, la nécessité épuisante d’un perpétuel retour sur soi, les non-blancs qui parfois injustement, souvent à juste titre, nous reprochent des « réflexes de blancs » – une certaine aisance, une certaine assurance, une certaine facilité à prendre la parole quand d’autres n’arrivent pas à la prendre – dont nous ne sommes jamais complètement débarrassés...

Bref : je sais que cette manière-là de vivre ma condition de blanc me pose une multitude de questions auxquelles je n’ai pas de réponse et de problèmes auxquels je ne suis pas préparé. Mais je sais aussi qu’il y a une joie dans la lutte, et de toutes les manières de vivre ma condition blanche, c’est celle-là que je choisis, parce que toutes les autres me dégoûtent.

Pierre Tevanian, Novembre 2007

 
Post Scriptum :
Cet article est paru dans le numéro 10 de notre journal "L’Indigène de la République"

[1] Sur ce rôle essentiel de l’égalité – et non de la différence – cf. Pierre Tevanian, « Le corps d’exception et ses métamorphoses », www.lmsi.net.

[2] Christian Delarue, membre du Bureau National du MRAP.

[3] Comme le rapporte Martin Luther King, dans sa Lettre de la geôle de Birmingham

[4] Pierre-André Taguieff, par exemple, parle en ces termes.

[5] Ce dernier sobriquet m’a été personnellement attribué sur un « chat ». Les barbus en question sont bien entendus les « islamistes ».

[6] La « race », comme la classe et le sexe, est en effet une construction sociale, et le racisme, comme la domination économique et l’oppression sexiste, s’incarne dans une souffrance sociale : ne pas trouver d’emploi ou de logement parce qu’on est noir ou arabe, être exclu de l’école parce qu’on porte un voile, etc. La « question raciale » n’est donc pas dans un rapport d’altérité avec la « question sociale » : elle en est une composante. C’est tout l’intérêt d’un mouvement comme le mouvement des indigènes de la république que de l’avoir souligné : loin d’ethniciser le social et la politique, comme on le leur reproche, les Indigènes font exactement le contraire : ils socialisent et politisent la race – au sens où, d’un ordre symbolique et social racisé, ils proposent une analyse sociale et politique.

[7] Par choix j’entends simplement l’existence d’une pluralité d’options possibles. Mais il ne s’agit pas – les guillemets sont là pour le rappeler – d’un pur choix rationnel, opéré par une conscience souveraine, détachée de tout déterminisme.

[8] Par « identification partielle » j’entends par exemple le fait que mon engagement contre l’exclusion des élèves voilées m’a valu d’être « associé » aux filles voilées et aux « islamistes », et de me retrouver, pour la première fois de mon existence, sinon porteur d’un stigmate, du moins précédé d’une mauvaise réputation et sommé de me justifier en permanence. Mais cette identification « par le camp d’en face » ne me permet pas de m’identifier moi même aux musulmans stigmatisés – et encore moins aux filles voilées – dans la mesure où la mauvaise réputation qui m’a été faite depuis cet engagement est moins infâmante et surtout beaucoup plus circonscrite dans l’espace et dans le temps. J’ai toujours eu, en tant que blanc, la possibilité de me retirer, momentanément ou définitivement, dès lors que la pression liée aux injures, aux attaques ou à la nécessité permanente de se justifier devenait trop pénible. Une telle « porte de sortie » n’existe tout simplement pas pour les musulman-e-s, comme elle n’existe pas pour les noir-e-s ou les arabes, qui sont exposés à la stigmatisation, au soupçon et au risque de subir une offense raciste en tout lieu et en tout temps, qu’ils soient engagé dans une lutte politique ou qu’ils aillent s’attabler à la terrasse d’un café. Contrairement au non-blanc qui porte son stigmate sur lui, le blanc, même le plus « compromis » et le plus diabolisé, le plus « négrophile » ou le plus « islamisé », ne porte son stigmate que dans des espaces bien délimités – les sphères militantes, la société des gens « bien informés » – et pour une durée qui peut être interrompue par lui-même : dès qu’il quitte l’arène politique, il redevient « respectable ».


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  8. Frisson colonial sur France 2
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  9. « Ainsi nos oeuvres d’art ont droit de cité là où nous sommes, dans l’ensemble, interdits de séjour »
    28 juin 2006

  10. Une vision néocoloniale et superficielle de la diversité culturelle
    28 juin 2006

  11. Les conceptions linguistiques de Sarkozy en France et Bouteflika en Algérie mènent à l’impasse.
    28 juin 2006

  12. Le parti de Georges Frèche, Robert Lacoste, Max Lejeune, François Mitterrand et Guy Mollet fidèle à son histoire coloniale
    2 juillet 2006

  13. Après la Palestine, Herzl, père du sionisme, conquiert l’hôtel de ville de Paris et réconcilie droite et gauche.
    6 juillet 2006

  14. Instinct nègre ! Par Pascal Blanchard
    7 juillet 2006

  15. Ces « Bleus » si « Blacks » : Vive la racaille !
    7 juillet 2006

  16. "Si Zidane et Henri gagnent pour toute la France alors Fofana, c’est aussi toute la France..."
    10 juillet 2006

  17. La Coupe du "on" : c’est qui, la France ?
    11 juillet 2006

  18. "Désolé, je suis pas raciste mais l’appartement est déjà loué !"
    12 juillet 2006

  19. Non à la disparition de la langue créole à RFI !
    22 juillet 2006

  20. 37 ans après l’exploit américain du 1er homme sur la lune, la France se distingue à son tour : alunissage sans encombre du 1er homme noir au JT de TF1
    22 juillet 2006

  21. Contresens autour de 1905
    1er septembre 2006

  22. Les recalés de l’intégration
    10 septembre 2006

  23. Lilian Thuram invite les expulsés de Cachan
    10 septembre 2006

  24. Doc Gynéco nègre de service ?
    12 septembre 2006

  25. Le Bougnoule
    3 octobre 2006

  26. 1942-2006 : réflexions sur un parallèle contesté
    7 octobre 2006

  27. La fin de la guerre d’Algérie et la place des enfants des colonies dans la cinquième république
    7 octobre 2006

  28. Un racisme post-colonial, par Saïd Bouamama et Pierre Tevanian
    23 octobre 2006

  29. Polémique entre l’ANC et Sarkozy
    24 octobre 2006

  30. 1956-2006 : rapatriés d’Indochine, cinquante ans d’oubli
    25 octobre 2006

  31. 29 octobre 1965 - 29 octobre 2006
    27 octobre 2006

  32. Jacques Chirac veut instituer une "cérémonie de citoyenneté"
    21 novembre 2006

  33. Abolir la ségrégation à l’emploi
    16 décembre 2006

  34. Rénovation urbaine :la municipalité finance la rénovation de l’église St Martin à hauteur de 1.600.000€
    3 janvier 2007

  35. L’étrange Monsieur Sarkozy : Homme providentiel ou mauvais génie de la France ?
    14 janvier 2007

  36. SOCIAL DÉCISION DE LA PRÉFECTURE DE L’ESSONNE
    16 janvier 2007

  37. « À mes chers parents gaulois... », La France vue du Sénégal... par un Sénégalais
    17 janvier 2007

  38. DEMOCRATIE PARTICIPATIVE A LA SEGO ROYAL A ROUBAIX : PORTE FERMEE AUX SANS PAPIERS ET AUX JEUNES !
    21 janvier 2007

  39. Confronter la question raciale
    5 février 2007

  40. Extraits du discours colonialiste de Sarkozy à Toulon (7 février 07)
    12 février 2007

  41. Les méfaits nucléaires de la France coloniale
    13 février 2007

  42. Toutes des salopes ?
    21 février 2007

  43. L’anti-repentance et le "communautarisme historique" chez Sarkozy
    22 février 2007

  44. Le "quartier turc" sous occupation
    24 février 2007

  45. Le pacte présidentiel de Ségolène Royal méprise t-il la question noire ?
    1er mars 2007

  46. Immigration "subie", xénophobie choisie
    1er mars 2007

  47. Ecoutons enfin les Noirs de France
    5 mars 2007

  48. La liberté d’expression ? Tu parles ! Et pourtant... ce temps passera
    7 mars 2007

  49. La réalité invisible (à leurs yeux) du privilège blanc
    11 mars 2007

  50. « L’universel lave-t-il plus blanc ? » : Race, racisme et système de privilèges (extraits)
    14 mars 2007

  51. La France et le mineur marocain
    16 mars 2007

  52. Débouté du droit d’asile, expulsé, tué par balles
    16 mars 2007

  53. Sans-papiers : l’autre « chiffre » de la politique d’expulsion, par Damien de Blic
    16 mars 2007

  54. Contre l’utilisation par l’Ecole Supérieure de Journalisme de la signature de pétitions anti-racistes comme justificatif de l’exclusion !
    20 mars 2007

  55. Répression et chasse aux étrangers : un pas a été franchi
    21 mars 2007

  56. "Les Français et le racisme", le sondage de trop
    23 mars 2007

  57. Le retour de la race
    30 mars 2007

  58. Le nationalisme « soft » de Nicolas Sarkozy
    30 mars 2007

  59. Nadia, virée d’une école de journalisme... elle avait signé l’Appel des indigènes
    7 avril 2007

  60. Sarkozy ou le triomphe d’une histoire apologétique de la colonisation
    12 mai 2007

  61. 2007, année zéro de la gauche
    17 mai 2007

  62. "La France De Rachida" (N’est Pas La France D’Aboubacar)
    24 mai 2007

  63. Sark Academy
    6 juin 2007

  64. Législatives 2007 : La « franchise » sur les soins de la Mairie de Paris... réservée aux plus pauvres, handicapés ou malades du sida !
    11 juin 2007

  65. Un Pur Moment D’Emotion UMPiste : Rachida Fait (Presque) Pleurer Ahmed Et Fatima
    15 juin 2007

  66. TOUJOURS PAS DE DIVERSITE A L’ASSEMBLEE, MAIS UNE DIVERSION AU GOUVERNEMENT
    19 juin 2007

  67. L’ODEUR DE LA SOUPE
    20 juin 2007

  68. Rama Yade, George Pau-Langevin : La double vitrine féminine d’un violent rejet de la diversité
    20 juin 2007

  69. Des « jeunes d’origine difficile » aux « candidats issus de la diversité ».
    21 juin 2007

  70. Ni Putes Ni Soumises : un appareil idéologique d’Etat
    27 juin 2007

  71. La repentance et les femmes de l’homme barbu
    5 juillet 2007

  72. Des inspecteurs du travail déposent un recours contre Hortefeux
    23 juillet 2007

  73. Rachida Dati Garde des Sceaux. Remercier le Seigneur ?
    26 juillet 2007

  74. Un Grand Moment D’Obscénité : Rama Yade A Aubervilliers
    7 septembre 2007

  75. Quand Le Monde recycle un rapport des RG sur les « bandes ethniques »
    14 septembre 2007

  76. "Racistes", Nous ? Ah Ben Merde Alors, Ca Me Ferait Bien Chier !
    1er octobre 2007

  77. Rencontre avec PIERRE TEVANIAN autour de son dernier livre : "LA REPUBLIQUE DU MEPRIS"
    2 octobre 2007

  78. Tri Sélectif
    22 octobre 2007

  79. Les banlieues sous drone de surveillance
    26 octobre 2007

  80. Sur Le Marché Aux Esclaves
    30 octobre 2007

  81. Les Lumières de l’Islam de France
    30 octobre 2007

  82. Un droit postcolonial
    16 novembre 2007

  83. L’étrange carrière de SOS racisme
    21 novembre 2007

  84. Vieux migrants résidents des Foyers Adoma
    21 novembre 2007

  85. Pupponi, le PS et l’instrumentalisation du racisme
    23 novembre 2007

  86. Déclaration de l’AME (Association Malienne des Expulsés ) sur la visite de Brice Hortefeux au Mali
    28 novembre 2007

  87. UN NOIR ET UN ARABE !
    2 décembre 2007

  88. France décomplexée, l’immigration blanche chasse l’immigration maculée
    4 décembre 2007

  89. « La belle et le kamikaze » ou les stéréotypes des maisons d’édition françaises
    17 décembre 2007

  90. « Pas de justice, pas de paix »
    9 janvier 2008

  91. EXPULSION
    28 janvier 2008

  92. Le mal-être blanc
    28 janvier 2008

  93. POURQUOI NOUS DEMISSIONNONSDU COLLECTIF CONFEDERAL IMMIGRATION CGT
    1er février 2008

  94. POURQUOI JE N’AI PAS ECRIT LE LIVRE QUE JE VOULAIS ECRIRE ?
    4 février 2008

  95. Voilà Ayaan Hirsi Ali, sauvons nous !
    9 février 2008

  96. Le devoir de mémoire entre morbidité et abjection
    16 février 2008

  97. Georges Ibrahim Abdallah, un otage des Etats-Unis, en France.
    7 mars 2008

  98. Deux poids deux mesures : la suite de la suite de la suite…
    24 mars 2008

  99. Carrère-d’Encausse, légionnaire « libre »
    31 mars 2008

  100. Boycotts, liberté d’expression : Les nouveaux philosophes et les vieilles contradictions
    4 avril 2008

  101. Incendie de l’hôtel Paris Opéra : Plus jamais ça !
    9 avril 2008

  102. Halte aux violences policières
    13 mai 2008

  103. Pourquoi je n’ai pas signé les pétitions pour les femmes iraniennes
    15 mai 2008

  104. A quoi sert l’agent Christophe Cornevin ?
    17 juin 2008

  105. A PROPOS DE LA CREATION DU « MINISTERE DE L’IMMIGRATION, DE L’INTEGRATION, DE L’IDENTITE NATIONALE ET DU DEVELOPPEMENT SOLIDAIRE ». An I
    7 juillet 2008

  106. La défaite de la pensée souchienne
    16 juillet 2008

  107. Critique de la raison souchienne
    18 juillet 2008

  108. La racaille, l’islamiste, le revanchard et le censeur
    19 juillet 2008

  109. Egalité, équité, universalité
    7 août 2008

  110. Est-il interdit de juger un musulman pendant le Ramadan ?
    6 septembre 2008

  111. Le Mahométan N’A (Décidément) Pas Fini De Nous Inquiéter
    6 septembre 2008

  112. La France se prend pour l’assistante sociale des pauvres musulmanes
    21 septembre 2008

  113. Total soutien à la "Rumeur"...
    27 septembre 2008

  114. Rétention : le ministre ment
    3 octobre 2008

  115. Je suis une bête, un nègre...
    10 octobre 2008

  116. Nouvelle chute mortelle d’un sans-papiers lors d’une intervention de police
    10 octobre 2008

  117. Rapport 2006/2007 de l’Observatoire des Bouches-du-Rhône sur les violences policières illégitimes
    12 octobre 2008

  118. Reconduites volontaires “à l’insu de leur plein gré”. Brice le prestigitateur (suite et pas fin)
    13 octobre 2008

  119. DES FILLES VOILEES PARLENT
    14 octobre 2008

  120. La « Marseillaise » a encore été sifflée !
    15 octobre 2008

  121. Claire Villiers sur l’affaire de la Marseillaise
    17 octobre 2008

  122. Lettre aux députés
    20 octobre 2008

  123. La France promeut un modèle anti-émeute d’exception
    20 octobre 2008

  124. Sarkozy a enfin trouvé un moyen d’augmenter les statistiques policières
    20 octobre 2008

  125. À quand un Beur candidat à la présidentielle ?
    22 octobre 2008

  126. L’Institut Mehdi Ben Barka - Mémoire Vivante et le SNES - FSU appellent à un rassemblement à la mémoire de Mehdi Ben Barka
    28 octobre 2008

  127. Alliot-Marie dénonce les violences anti-noirs.
    29 octobre 2008